samedi 18 avril 2020

Discours devant la CONVENTION NATIONALE DES AGENTS CITROËN (19 octobre)






ASSEMBLEE DU « GROUPEMENT NATIONAL DES AGENTS CITROËN »

Discours d’Henri-Jacques Citroën
(19 octobre 2019)


Je remercie Denis Baeza de m’avoir invité, secrètement, à votre réunion annuelle qui me permet de faire connaissance avec la force de vente de Citroën en France. Vous êtes la force de frappe de cette société centenaire et c’est un plaisir de vous rencontrer ! Mon grand-père aurait adoré vous voir, vous qui êtes si bien implantés partout dans notre pays, brandissant haut et fort l’étendard de la société qu’il a créée en 1919.

Grâce à votre action, je vois des voitures Citroën partout. Il m’est ainsi impossible d’oublier mon nom quand je marche dans la rue ou que je circule sur les routes !

Vous vendez les voitures qui, dans 30 ans, seront des voitures de collection, qui viendront s’ajouter aux voitures mythiques, la Traction Avant, l’autochenille, la 2CV, la DS, la Méhari, la SM, la CX, la C6 et tous les autres modèles que les collectionneurs du monde entier rénovent et maintiennent avec une grande patience et un grand savoir-faire, conduisent avec plaisir et présentent avec fierté lors des multiples rassemblements organisés par les passionnés.

Citroën se distingue comme la société qui a le plus de voitures mythiques, des véhicules qui ont marqué leur époque. J’en ai parlé souvent à mon ami Pierre Leclercq, son directeur du Design, qui a la responsabilité, avec son équipe, d’imaginer les futurs véhicules qui, j’en suis convaincu, sortiront de l’ordinaire, dont les formes et le confort les distingueront nettement de celles des concurrents. Il sait que le défi est grand.

Vous faites la promotion d’une marque qui dégage beaucoup de sympathie et qui est connue même dans les pays où aucun véhicule Citroën n’y circule. Elle génère de l’émotion et une fidélité, parfois de père en fils, ou de mère en fille, chez tous les citroënnistes de notre planète. C’est la marque la plus collectionnée : plus de 1000 clubs qui réunissent environ 70.000 collectionneurs !

Ces clubs ont été les grands animateurs des innombrables célébrations du Centenaire qui ont marqué les esprits lors de cette année 2019. Le paroxysme a été atteint avec le Rassemblement du Siècle à La Ferté-Vidame, une grand-messe historique, une communion qui a rassemblé 60.000 personnes et 4400 voitures de collection. Le « Woodstock » de Citroën ! Ce fut le plus vaste rassemblement de passionnés d’une marque, jamais vu dans le monde, ce fut le plus grand musée automobile à ciel ouvert de l’Histoire, certes éphémère mais bien réel.

Pour reprendre les termes de la journaliste du quotidien Le Monde, Guillemette Faure, qui m’a interviewé sur place, « en France, il n’y a que 2 personnes qui déclenchent une telle ferveur et un tel enthousiasme de la part d’autant de gens de toutes origines : Johnny Hallyday et … André Citroën ».

Lors de ces 3 jours inoubliables de juillet, j’ai vécu des moments de grande émotion :
D’abord les centaines de rencontres avec les passionnés qui ont tous des belles histoires à raconter et qui m’ont demandé des autographes et des photos à l’envi. Puis la rencontre avec 3 chinois qui me saluent et me disent : « Pour nous c’est un grand honneur de vous serrer la main ! Nous ne pensions pas que cela allait nous arriver un jour ! Nous tenons à vous dire que nous sommes venus de Hong-Kong spécialement pour cet événement et que nous sommes passés, au préalable, au cimetière du Montparnasse pour nous recueillir devant la tombe de votre grand-père ! »

Autre moment fort : un grand collectionneur qui possède une quarantaine de voitures anciennes Citroën me raconte qu’il a une « Type A » qui n’est pas encore remise en état mais qu’il va la voir fréquemment dans son garage : en effet, comme c’est une de première voiture produite dans l’usine de Javel, il est certain qu’André Citroën, lors de ses inspections quotidiennes des lignes de montage, a porté ses yeux sur elle, est passée à côté d’elle, et cela l’impressionne …

Autre moment notable : dans le Pavillon Citroën de La Ferté Vidame, les dirigeants de la Marque recevaient les journalistes autour de tables placées à cet effet. L’un de ces dirigeants est interviewé par une dizaine de journalistes chinois et, me voyant déambuler dans les parages, leur signale qui je suis : les chinois se lèvent comme un seul homme, m’applaudissent à tout rompre, m’invitent à une séance de photos sous tous les angles, 1 par 1, 2 par 2, 4 par 4, tous ensemble. Le directeur de Citroën me laisse sa place et je leur raconte des histoires sur la vie et l’œuvre d’André Citroën. Quelques jours plus tard, super couverture dans les médias chinois de mon discours de La Ferté-Vidame !

Au cours des derniers mois, les célébrations se sont succédées dans les régions françaises et partout dans le monde. J’ai participé à plusieurs d’entre elles en France mais aussi en Belgique et en Allemagne. Il y a quelques jours, pour celle d’Uruguay, j’ai envoyé une vidéo de salutation qui a été rapportée dans les médias locaux. Le weekend dernier, ce fut le tour de l’Argentine. Le 27 octobre, ce sera la Chine. Début novembre, ce sera le Chili à qui j’ai également transmis une vidéo de salutation.

André Citroën est incontestablement devenu une icône et c’est un atout pour la marque d’avoir un fondateur dont l’image charismatique de meneur d’hommes, de grand industriel, de visionnaire, toujours à la recherche du progrès technique, inventeur du marketing moderne, perdure. Ajoutons qu’il a été le créateur du service après-vente moderne : à ce sujet, j’ai en mémoire une réunion dans le bureau de Philippe Varin quand il était le président de PSA : il va chercher dans un placard un livre et me le tend en disant : « Regarde, c’est le manuel des concessionnaires de 1932, il est applicable à la lettre aujourd’hui ! »

Citroën est une marque qui a une histoire, longue et intense, que beaucoup de grandes entreprises rêveraient d’avoir.

Je ne vais pas vous raconter l’histoire d’André Citroën, vous la connaissez, mais je vais, néanmoins, mentionner un événement marquant qui se déroule pendant la 1ère Guerre mondiale. Celle-ci commence et Bernard Citroën, son cher frère, meurt dans les tranchées. Un drame pour André, qui, combattant sur le front, se sent exaspéré par le déséquilibre : les allemands envoient beaucoup plus d’obus sur les lignes françaises que le contraire. Sans hésiter, il demande une permission à son supérieur pour aller proposer au gouvernement la construction immédiate d’une usine pour produire autant d’obus que l’ennemi. Feu vert du ministre de la Guerre. En 4 mois, sur des terrains inoccupés de Javel, cette usine est construite. Une réactivité à toute épreuve.

Dans l’adversité, il a su être réactif et créatif, et c’est une leçon pour tous.

Mon grand-père a toujours montré une grande résilience, de l’optimisme invétéré et une confiance dans l’avenir. Il s’est fait remarquer par une grande maitrise des relations publiques. Sans oublier un grand sens de l’humour qui lui faisait admirer les chansonniers qui ne cessaient de le brocarder. Un jour, il invita les 12 chansonniers les plus connus et organisa un concours qu’il définit dans ces termes :

Lelièvre, Mauricet, Baltha, Rip et Dorin
Vous m’avez maltraité de quatrain en quatrain
Grâce à moi, chaque soir, vous cueillez des bravos
Au meilleur d’entre vous j’offre une Cinq-Chevaux

Quatrain d’ANDRE BARDE
Les Citrons sont les plus rapides
Et c’est forcé
En raison du dicton limpide :
Citron pressé

Quatrain de RENE DORIN
J’ai médit de vous Citroën
Mon intention était pure
Je voulais gagner de l’argent
Pour vous acheter ma voiture

Et le vainqueur, qui gagna la voiture, fut LEO LELIEVRE, avec ce poème :
Lelièvre, mon aïeul, que l’on blague à la ronde
Par la tortue, un jour, fut battu de très loin
Moi, grâce à Citroën, je gratte tout le monde
Rien ne sert de courir, il faut un moteur au point

André Citroën est incontestablement l’industriel le plus sympathique du 20e siècle. Il a généré une impulsion qui a permis à la marque, après son décès en 1935, de rester créative, de créer d’autres modèles remarquables et qui resteront dans nos esprits. Toute famille française a une histoire à raconter sur telle ou telle Citroën que l’un ou l’autre a possédée.

En concluant mon discours de La Ferté Vidame que j’ai eu l’honneur de prononcer devant des milliers de passionnés, j’ai rapporté un message que m’avait transmis un ami latinoaméricain : « Citroën, c’est la France ».

Au cas où vous chercheriez un sujet de conversation pour votre diner de ce soir, je vous en propose un qui m’a été soufflé par le président de l’Amicale Citroën France : Imaginez la France sans Citroën …



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