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mardi 21 avril 2020

Interview d'Henri-Jacques Citroën dans la revue RETROPASSION AUTOMOBILES No.271 (Février-Mars 2020)


A la fin de l'année du Centenaire de Citroën, JACK STOUVENIN, directeur et rédacteur-en-chef de la revue RETROPASSION AUTOMOBILES, m'a longuement interviewé ...

La dernière photo de l'article me montre assis dans la DS présidentielle du Général de Gaulle.











Présentation de cette revue lors du Salon RETROMOBILE 2020 avec Jack Stouvenin et Alain Thuret (président de l'Amicale Citroën France)


Avec Jack Stouvenin et Alain Thuret

jeudi 9 avril 2020

Article "CITROËN, UNE HISTOIRE FRANCAISE" dans le magazine JOURS DE FRANCE (groupe Le Figaro) - Juillet 2019


Reportage sur l'Histoire d'André Citroën et de la Marque Citroën, avec belles photos à l'appui, publié dans le magazine JOURS DE FRANCE (groupe Le Figaro) en juillet 2019.

Interview HJC par le journaliste Gilles Boussaingault
Photos prises par le photographe Gilles Bassignac au Conservatoire Citroën


Lien :

https://documentcloud.adobe.com/link/track?uri=urn%3Aaaid%3Ascds%3AUS%3Ae316b238-9b8e-48db-ab25-dfc294ed4b67

mercredi 1 avril 2020

Rétromobile 2019 - Interview en direct d'Henri-Jacques Citroën par MICHEL CHEVALET sur CNews



Lors du Salon Rétromobile 2019, sur le stand Citroën, remarquablement dédié au Centenaire de la Marque, le fameux journaliste MICHEL CHEVALET m'a interviewé, en direct, pour la télévision CNEWS :





Link pour la VIDEO de l'interview :


Click to Download
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mardi 31 mars 2020

Rassemblement du Siècle - Henri-Jacques Citroën interviewé par des JOURNALISTES CHINOIS - Photos


Lors du "Rassemblement du Siècle", sur le stand officiel de la société Citroën, les dirigeants de la société recevaient les nombreux journalistes étrangers qui étaient venus assister à l'événement.

Pierre Leclercq, directeur du Design de Citroën, répondait aux questions de la délégation de journalistes chinois. Me voyant, il signale aux journalistes ma présence et mon identité. Immédiatement, les chinois se lèvent comme un seul homme, m'applaudissent à tout rompre, me prennent en photo à tour de rôle, puis me demandent de leur parler. J'ai eu ainsi l'occasion de leur faire part d'anecdotes qui concernent mon grand-père et de leur expliquer l'engouement envers lui et la Marque.

Résultat : vaste couverture de presse dans les médias chinois qui ont reproduit le texte de mon discours (voir publication dans ce blog par ailleurs).

Quelques PHOTOS de cette belle rencontre : 







Rassemblement du Siècle - Henri-Jacques Citroën interviewé par la RADIO DU RASSEMBLEMENT


Lors du Rassemblement du Siècle, sur le site de La Ferté-Vidame, un studio a été installé pour diffuser des interviews et des informations, presque en continu.
Sur 107.2, tout le département d'Eure-et-Loir pouvait entendre les diverses émissions.
Le réputé journaliste FRANCOIS ALLAIN en a été l'animateur.

J'ai eu le plaisir d'être interviewé.



Interrogé par le fameux journaliste François Allain

mardi 24 mars 2020

Interview d'Henri-Jacques Citroën pour AUTO BILD KLASSIK - Photos du Conservatoire Citroën prises par HJC


J'ai été interviewé par le journaliste Joachim Staat du magazine allemand AUTO BILD KLASSIK, dans le CONSERVATOIRE CITROËN à Aulnay-sous-Bois.
Le journaliste était accompagné d'un photographe pour illustrer l'interview.

J'en ai profité pour prendre des photos de l'extraordinaire collection de voitures anciennes Citroën et aussi de l'équipe allemande.
Je leur ai présenté les formidables collaborateurs de l'atelier de réparation et de rénovation des voitures anciennes qui se trouve sur place.

 Lien pour lire l'article :

 https://documentcloud.adobe.com/link/track?uri=urn%3Aaaid%3Ascds%3AUS%3A4ddbb817-2006-4fae-b2f7-43e0206f90fb












lundi 23 mars 2020

TECHNO CLASSICA (Allemagne) en 2016 - Interview HJC pour une télévision allemande - Photo


CROISIERE VERS L'OUEST - Remontée des Champs-Elysées en autochenilles - Interview HJC pour CNEWS


Au départ de la "Croisière vers l'Ouest", la remontée des Champs-Elysées en autochenilles, organisée par le CCFA (Comité des Constructeurs Français d'Automobiles) le 19 juillet, le fameux journaliste Michel Chevalet m'a interviewé en direct sur CNEWS.

Pourquoi "Croisière vers l'Ouest" ? Parce que, ce jour-là (19 juillet 2019), les autochenilles devaient se rendre au Rassemblement du Siècle à La Ferté-Vidame, (Eure-et-Loir), donc partir de Paris en se dirigeant vers l'Ouest ...


Avec Michel Chevalet




Photo prise après l'interview d'Henri-Jacques Citroën pour la revue du CCFA

Photo prise avec François Roudier, directeur de la Communication au COMITE DES CONSTRUCTEURS FRANCAIS D'AUTOMOBILES, après l'interview d'Henri-Jacques Citroën au siège du CCFA ...



Avec François Roudier

Article dans le quotidien LES ECHOS : "Les leçons d'outre-tombe d'André Citroën" (09 juillet 2019)

Lien : https://www.lesechos.fr/amp/1036776

Je suis cité 2 fois dans cet article ...



Tesla : les leçons d'outre-tombe d'André Citroën

La marque aux chevrons fête ses cent ans. L'occasion de revenir sur l'épopée Citroën - qui, en quinze ans seulement, devint l'un des plus gros industriels européens avant de s'écrouler en quelques mois. Une leçon de l'histoire automobile qu'Elon Musk et Tesla feraient bien de potasser…



En 1929, Citroën compte 32.000 salariés, pèse 42 % de la production française et a tissé une toile industrielle dans toute l'Europe. (Citroën)

Que restera-t-il de Tesla dans cent ans ? Tout dépendra des prochaines années, celles qui enverront le fabricant de voitures électriques et Elon Musk dans le livre d'or de l'automobile ou dans les oubliettes de l'histoire - selon que le Californien parvienne ou non à proposer une gamme complète et abordable en résolvant son souci lancinant de production. Afin de maîtriser son destin, le nouveau trublion du secteur ferait bien de méditer les heurs et malheurs de Citroën.

La marque aux deux chevrons fête en ce moment son centenaire. A cet âge respectable, Citroën demeure une icône de l'industrie française. Ce qui est moins connu, c'est que la marque était dans ses vertes années une empêcheuse de tourner en rond. Et André Citroën, le père fondateur, un proto-Elon Musk des Années folles, même si la presse américaine l'appelait à l'époque « le Ford français ».

Démocratiser l'auto

Pour mieux saisir le parallèle entre André et Elon, il faut se rendre dans le dédale d'entrepôts jouxtant Roissy. La visite du conservatoire André Citroën permet de comprendre l'envol et la chute du constructeur de Javel.

En 1919, le polytechnicien français, qui avait monté l'une des plus grosses usines d'obus du monde durant la Grande Guerre, lance les Automobiles Citroën avec en tête la volonté de proposer des voitures populaires - le but avoué de Tesla étant de rendre la voiture électrique accessible. « Mon grand-père voulait démocratiser l'auto », nous confirme Henri-Jacques Citroën. Son aïeul sortit son premier modèle quelques mois après l'armistice de Rethondes. Un pavé dans la mare : la 10 HP Type A, c'est la première voiture européenne de grande série, prête à l'usage, avec des phares, une roue de secours et un démarreur électrique dans la version de base.

Parti sur les chapeaux de roue, Citroën creuse sans relâche son sillon de l'innovation. Monsieur André invente les crédits auto, révolutionne la réclame en affichant son nom, plusieurs années durant, sur la tour Eiffel, monte les croisières noire et jaune suivies dans tous les cinémas français, inaugure la voiture en acier, le moteur flottant et la traction avant en Europe, crée le premier réseau de concessionnaires exclusifs ou soigne les acheteurs de véhicules utilitaires, le service après-vente et l'entretien…

La méthode du pionnier universel paie : en 1929, Citroën compte 32.000 salariés, pèse 42 % de la production française et dispose d'une toile industrielle dans toute l'Europe. En 15 ans seulement, Citroën est devenu un poids lourd du palais Brongniart. Comparé au succès d'André, Elon reste pour le moment un amateur.

Plus dure sera la chute…

Mais l'intendance ne suit pas. Si Citroën sait fabriquer des voitures à la chaîne plutôt mieux que les autres, les finances sont moins florissantes. André Citroën demandait à ses directeurs d'utiliser systématiquement 100 % de leur budget, réclamait des prises de risque permanentes, voyait toujours les choses en très grand. Amateur de casino, il a pu lui arriver de laisser une voiture en pourboire… Malgré son succès commercial, la cigale Citroën reste dépendante des banques.

Le crash intervient quelques années plus tard. Ebaubi par la nouvelle usine de Renault, à Boulogne-Billancourt, André Citroën décide de refaire celle du quai de Javel de fond en comble, en quelques mois. Alors que la crise économique des années 1930 frappe la France et le marché automobile, alors qu'il dépense déjà des fortunes pour concevoir la fameuse Traction Avant. Pris à la gorge par les banquiers, André Citroën perd sa créature. La famille Michelin prend le volant en 1935. Le fondateur s'éteint presque aussitôt, les poches vides. La fourmi Renault reprend son sceptre de premier constructeur français, et Citroën appartient aujourd'hui à Peugeot, l'industriel doubiste qui ne pesait pas grand-chose à l'époque.
Citroën, Tesla, même combat, même issue ? André Citroën et Elon Musk ont fait bouger les lignes de l'industrie. Tous les deux sont des communicants hors pair. Tous les deux sont des vedettes. Et tous deux ont ou avaient besoin d'un petit angelot sur leurs épaules, capable de leur souffler assez fort à l'oreille qu'il faut parfois se plier aux exigences du réalisme. Le garde-fou d'André s'appelait Georges-Marie Haardt. Il est mort fiévreux en 1932, à la fin de la Croisière jaune. Avec lui, jure Henri-Jacques Citroën, l'affaire familiale n'aurait peut-être pas fait faillite et succombé à sa fuite en avant.

Deux générations plus tard, Elon Musk innove aussi à tous crins, s'éparpille parfois, consomme ses directeurs comme des mouchoirs jetables et reste, surtout, très dépendant de ses investisseurs - étant quasiment toujours déficitaire. Ces créanciers ont misé, souvent gros, sur le succès à long terme de Tesla. S'ils se déjugent devant la difficulté de s'implanter pour de bon dans l'épuisante industrie automobile, le vent peut tourner très vite pour le constructeur californien, qui sera alors forcé de trouver un giron accueillant faute d'avoir su mûrir. Pour ne pas voir l'histoire se répéter à un siècle d'écart, Tesla doit retenir la leçon de Citroën.

Julien Dupont-Calbo


vendredi 20 mars 2020

Photos d'Henri-Jacques Citroën prises lors de l'interview pour JOURS DE FRANCE

L'interview d'Henri-Jacques Citroën pour le magazine JOURS DE FRANCE (publiée en juillet 2019) a été réalisée dans le Conservatoire Citroën à Aulnay-sous-Bois.
A cette occasion, des photos ont été prises par le photographe GILLES BASSIGNAC  au milieu des splendides voitures Citroën de collection qui y sont exposées en permanence. 3 d'entre elles sont prises dans ce qui était le bureau d'André Citroën dans l'usine du quai de Javel.













RASSEMBLEMENT DU SIECLE - Reportage dans L'USINE NOUVELLE (19 juillet 2019)





L'Usine Auto

Pour fêter son centenaire, Citroën organise son "Woodstock" ce week-end

Sybille Aoudjhane
Publié le

Le week-end du 19 au 21 juillet sera placée sous le signe des festivités pour la marque Citroën. Le constructeur automobile célèbre les 100 ans de la création de l'entreprise. Demandez le programme!


Pour fêter son centenaire, Citroën organise son Woodstock ce week-end
Les réjouissances se déroulent à Ferté Vidame.
© Sybille Aoudjhane

1919-2019 : la marque au double chevron célèbre ses cent ans. Des évènements ont eu lieu toute l'année, mais s'il y en a un à ne pas rater, c'est le week-end de rencontres organisé par la marque à La Ferté-Vidam, en Eure-et-Loire, les 19, 20 et 21 juillet. Si la société Engrenages Citroën est née en 1901, c'est le 7 juillet 1919 que la toute première Citroën type A a été commercialisée.

"Ce sera le Woodstock de Citroën", se réjouit Henri-Jacques Citroën, descendant de la famille. 7000 voitures anciennes, 20 000 participants, trois jours de rassemblements... la marque a vu les choses en grand. Tout commence par une remontée des Champs-Elysées par quatre modèles autochenilles Citroën-Kégresse construites dans les années 20 et les années 30. Ils ont ensuite été transportés jusqu'à La Ferté-Vidame pour rejoindre les autres voitures de collection. La marque au double chevron est la première à avoir appliqué la technologie de chenille brevetée par Adolphe Kégresse en 1910.

Discours, conférences, concerts, feux d'artifice... le week-end s'annonce chargé. Samedi 20 juillet, la Patrouille de France fera l'honneur de sa présence et devrait écrire "Citroën" dans le ciel. Dans l'après-midi un "concours d'élégance" est organisé avec le défilé des 30 plus belles voitures. Le lendemain se tiendra une grande vente aux enchères de modèles historiques.

Ces différents rendez-vous se déroulent sur le centre d'essai que Citroën a installé en 1938 pour tester ses véhicules. Les collectionneurs pourront remonter la piste avec leurs automobiles sur une distance de 14 kilomètres. Un musée éphémère présentera aussi les modèles phares de la marque à travers son siècle d'existence.

Célébration du centenaire Citroën
19-21 juillet 2019
la Ferté-Vidame (Eure-et-Loire)
30 euros le passe trois jours 



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mercredi 18 mars 2020

Interview d'Henri-Jacques Citroën pour la revue du COMITE DES CONSTRUCTEURS FRANCAIS D'AUTOMOBILES


Interview d'Henri-Jacques Citroën par les dirigeants du CCFA (COMITE DES CONSTRUCTEURS FRANCAIS D'AUTOMOBILES), François Roudier (directeur de la communication), Olivier Debras (directeur adjoint dela communication) et Juliette Rodrigues (journaliste), pour la revue ANTIBROUILLARD du CCFA, publiée le  5 juillet 2019.

Voir l’interview ci-après ou à travers le lien :
 
https://lnkd.in/dY9C24P 
 
 




Interview d’Henri-Jacques Citroën, petit-fils d’André Citroën

Interview d’Henri-Jacques Citroën, petit-fils d’André Citroën

Created with Snap@Auto#andré Citroën - #Chevrons - #Citroën - #Croisière Jaune - #Marketing - #Publicité

Mêmes yeux pétillants, même arrondi du visage, la ressemblance est étonnante ! Henri-Jacques Citroën partage en outre avec son illustre grand-père le même goût de l’action et de l’aventure. Il célèbre cette année avec émotion et fierté le Centenaire de la Maison Citroën. 


François Roudier : Henri-Jacques, une première question qu’on a dû te poser très souvent. Est-ce qu’on peut vivre normalement en portant le nom de Citroën ?
Eh bien oui, on peut vivre normalement, mais il y quand même quelque chose qui est marquant. C’est que je ne peux pas oublier mon nom ! Ne serait-ce qu’en marchant dans la rue, puisqu’il apparaît à chaque instant sur les voitures. Mais aussi, à la télévision, à la radio, puisque les constructeurs d’automobiles, en particulier Citroën, font beaucoup de publicité et donc j’entends mon nom à chaque instant et j’ai l’impression que l’on m’appelle !
Deuxième chose, c’est qu’avec un nom comme Citroën, on est tout de suite repéré. Même sur les marchés où il n’y a pas de voitures Citroën ; j’ai pu le tester ! Les gens ne pensent pas forcément qu’on est de la famille, ils pensent que beaucoup de gens portent le même nom. Mais en fait, en France, il n’y a qu’une famille Citroën, celle qui est venue des Pays-Bas. Alors il y a la branche qui descend directement d’André Citroën, enfin, de son père qui a émigré en France. Et il y a aussi quelques Citroën en France qui descendent d’un oncle d’André Citroën.

François Roudier : Avec ce nom, et tout l’intérêt que tu portes à ton grand père, comment se fait-il que tu aies eu une carrière en dehors de l’automobile, en tout cas pas directement chez un constructeur ?
Ce sont les circonstances de la vie qui font qu’on va dans une direction ou dans une autre. D’abord, la famille n’était plus directement impliquée chez Citroën depuis que mon grand père a perdu le contrôle de la société. Donc ce n’était pas quelque chose d’automatique que de rentrer chez Citroën. Etant étudiant – j’ai fait des études de droit et HEC – je trouvais qu’à l’époque les structures de la société française étaient trop rigides, qu’elles n’offraient pas assez de flexibilité pour permettre à tout un chacun de réussir.
Comme j’avais vécu au Mexique avec mes parents, je me suis dit que l’Amérique latine était un continent d’avenir et que j’y retournerai. Et lorsque j’ai dû faire mon service militaire, je me suis dit que je ferai ma coopération là-bas. Un pays était alors tout désigné : le Vénézuela, qui était devenu un pays riche avec la hausse des prix du pétrole. J’ai demandé à y faire un stage dans le cadre de mes études HEC. J’ai fait mille choses sur ce continent, toujours au service de l’industrie française puisque j’y ai représenté une vingtaine d’industries (Usinor Sacilor, Péchinet, etc.) et incidemment, l’entreprise des engrenages que mon grand-père a créée en 1901, et qui existe toujours.

François Roudier : Tu n’as jamais rencontré ton grand-père, puisqu’il est décédé bien avant que tu naisses. Comment parlait-on d’André Citroën dans la famille Citroën ?
Depuis tout petit, j’ai entendu parler de mon grand-père, ne serait-ce que parce qu’il y avait des souvenirs à la maison, avec des photos. Et puis, quand on est petit et qu’on porte ce nom, à l’école on est vite repéré. Donc, quand on rentre à la maison, on pose des questions. Mon père, mon oncle Maxime et ma tante Jacqueline étaient déjà très impliqués dans la promotion de l’image d’André Citroën.
Et puis, depuis que je suis petit, j’ai toujours entendu parler de cette vénération que les gens avaient pour mon grand-père, qu’on appelait d’ailleurs souvent « le Patron ». De plus, le personnage sortait de l’ordinaire ; c’était un industriel bien sûr, mais c’était aussi quelqu’un de particulièrement sympathique, probablement l’industriel du XXème siècle le plus sympathique et le plus charismatique au monde ! Bref, il y avait toujours des choses à raconter sur mon grand-père à la maison. Comme l’anecdote avec Charlie Chaplin.

Charlie Chaplin était très ami avec André Citroën ; ils se retrouvaient, entre autres, chaque année aux sports d’hiver et ils passaient pas mal de temps ensemble. Il y a d’ailleurs une photo où on voit Charlie Chaplin penché, en train d’inspecter une autochenille. Un jour, me racontait mon père, ils étaient à table et Charlie Chaplin a commencé à lui poser plein de questions sur la fabrication à la chaîne des voitures et les méthodes du taylorisme. Mon grand-père lui répondait, bien sûr, en lui expliquant tous les processus. Et quelque temps après, sortait le film Les Temps Modernes !



François Roudier : Toi le diplômé d’HEC, avec ton expérience professionnelle, comment tu jugerais André Citroën le créateur des automobiles Citroën ?
D’abord je vois quelqu’un qui est d’un optimisme illimité et avec un sens de l’opportunité particulièrement développé. Parce que, quand je regarde comment il a su saisir l’intérêt de nombreuses inventions, contacter et mettre en valeur l’inventeur, fédérer les inventeurs et toutes les énergies qu’il y avait autour, je trouve que c’est très impressionnant. Et cela a commencé très tôt. Quand il a rendu visite à sa famille en Pologne, puisque sa mère était polonaise, il a rencontré un ingénieur qui avait imaginé les engrenages à chevrons.
Il a tout de suite compris l’intérêt de développer cette invention, en particulier pour la proposer aux industries lourdes. Il a acheté immédiatement le brevet et a pris le premier train pour rentrer en France et essayer de fabriquer les produits. Pendant la guerre, il était dans les tranchées et il était exaspéré de voir que les Allemands envoyaient plus d’obus sur les lignes françaises que le contraire. Il a également été marqué par la mort de son frère dans les tranchées dès le début de la guerre. Il a donc demandé la permission à son supérieur d’aller voir le Secrétaire d’Etat à la Guerre pour lui proposer de construire immédiatement une usine et de fabriquer des obus.
Il a eu carte blanche et a acheté des terrains à Javel, où il y avait des potagers, et en moins de quatre mois, l’usine était construite et commençait à produire les obus. Voilà ce qu’était André Citroën : un dynamisme de chaque instant. Il avait aussi une vision très large des choses, géographiquement parlant. Pour lui, c’était l’international dès le départ ! En deux ans, il avait des concessionnaires partout, même en Asie. C’est pour cela que la production a augmenté si vite.
En 1919, il partait de rien, les autres constructeurs étaient déjà installés, et en six ans, il est devenu le premier producteur de voitures en France et en dix ans, le premier en Europe. Cela a été fulgurant ! Pourquoi, parce qu’il ne s’est pas contenté du marché français. Il voulait d’ailleurs que tous les ingénieurs Citroën parlent Anglais ! A l’époque, c’était incroyable ! Il avait une vision tous azimuts. Mon grand-père c’était :
« Je fais quelque chose, je le fais à fond et je ne me contente pas d’un certain confort ! ».
François Roudier : André Citroën l’industriel, mais aussi André Citroën l’homme qui crée le marketing automobile, qui exploite la publicité, et quasiment plus la notion de Réclame. Comment expliques-tu cela ? Est-ce que dans la famille, ce génie du marketing était perçu ?
Je pense que tout le monde l’a perçu ! Même Jacques Séguéla, qui est notre pape de la publicité, est le premier à le dire :
“C’est André Citroën qui a tout inventé dans la publicité et le marketing”.
Mon grand-père avait pleinement conscience qu’il fallait faire savoir les choses et donc il utilisait tous les moyens qui existaient pour attirer l’attention. Chez lui c’était pensé, mais aussi intuitif, les deux.
Avec mon grand-père, il y a eu beaucoup de « premières » : première publicité sonore (Citron, Citron, Citroën, par un chansonnier), première traversée du Sahara en 1922-1923, puis la Croisière Noire, avec des scientifiques, des ethnologues, des cinéastes, et enfin la Croisière Jaune. Ces expéditions étaient uniques, et rien n’était laissé au hasard ! A part Hannibal, avec ses éléphants, je crois qu’il n’y a jamais eu de tels projets.

François Roudier : Henri Jacques, quelques mots sur les chansonniers et André Citroën ?
Je vais vous raconter une anecdote qui montre le grand humour de mon grand-père et sa générosité. Comme il était très en vue, il était brocardé par les chansonniers. Un jour, il en invite une douzaine et leur propose une sorte de concours : celui qui rédigerait le plus beau quatrain sur Citroën se verrait offrir une Cinq Chevaux. Le gagnant fut Léo Lelièvre avec son texte :
“Lelièvre, mon aïeul, que l’on blague à la longue ; Par la tortue, un jour, fut battu de très loin ; Moi, grâce à Citroën, je gratte tout le monde ; Rien ne sert de courir, il faut un moteur à point”.
Mon grand-père saisissait toutes les occasions pour mettre en scène la marque Citroën. C’est lui qui a inventé l’autoradio. Il se disait que les gens dans la voiture devaient pouvoir se distraire. Et puis il y a eu la publicité sur la Tour Eiffel qui avait fait grand bruit. André Citroën avait le génie pour saisir toutes les opportunités. Il était sur le qui-vive constamment.

François Roudier : Justement, ton grand-père a toujours vécu à 300 à l’heure ; comment la famille a-t-elle vécu sa fin tragique ?
La fin de l’entreprise pour mon grand-père s’est précipitée avec la mort de Georges-Marie Haardt, qui était son ami, son bras droit, son collaborateur le plus proche. C’était celui qui modérait ses ardeurs et lui rappelait le sens des réalités.
Lorsqu’André Citroën est allé voir les nouvelles installations de Renault à Billancourt, il a voulu avoir une usine encore plus grande, plus moderne, plus performante. Et en pleine crise, il a modernisé à grands frais l’usine de Javel. Les ventes, à ce moment-là, commençaient déjà à baisser. Mais la Traction était déjà conçue, imaginée et était en préparation. Il fallait la sortir très vite pour pallier les problèmes de trésorerie. Elle n’était pas prête et cela a entraîné une série de problèmes et n’a pas permis à l’entreprise de revenir à flot. Et comme mon grand-père avait toujours gardé ses distances vis-à-vis des banques, elles le lui ont bien rendu et ne l’on pas soutenu. Les créanciers ont voulu récupérer leurs créances et ce fut la fin. André Citroën était déjà très malade et ils ont profité de cette faiblesse. Ce fut très dur pour la famille, en particulier pour mon père, mon oncle et ma tante.

François Roudier : Comment toi et la famille Citroën vous voyez l’après André Citroën, jusqu’à ton activité récente où tu vas participer au Centenaire de la Maison Citroën ?
Jusqu’en 1998, il n’y avait aucune relation entre la société Citroën et la famille. Il y avait une antipathie foncière, car après la mort de mon grand-père, la famille a été totalement oubliée par la société Citroën. Et puis, en 1998, André Citroën est admis à l’Automotive Hall of Fame aux Etats-Unis. On demande alors à ma famille d’aller recevoir le trophée, et c’est moi qui y suis allé, accompagné de deux dirigeants de la société Citroën. Là, ils découvrent que les Américains savent vraiment mettre en valeur leur patrimoine historique pour rebondir vers le futur.
Jusque-là, la société Citroën ne considérait en rien le passé de l’entreprise. A partir de la cérémonie du Hall of Fame, il y a eu une réaction chez Citroën et PSA aussi. C’est là que se structure le Conservatoire Citroën, que se créé la Direction du Patrimoine, bref, que se met en marche toute une mécanique pour mettre en avant le passé de Citroën. C’est ainsi que je me suis impliqué dans ce mouvement pour défendre la mémoire de mon ancêtre, qui était une icône pour beaucoup de gens. Et je suis le seul dans la famille ! Les autres ne se sentent pas particulièrement concernés.

François Roudier : Justement, est-ce que tu penses que la tragédie de la mort d’André Citroën ne participe pas à son mythe ?
Oui ! ça renforce sa légende bien sûr. Cela dit, s’il avait vécu jusqu’à 98 ans, cela aurait été une belle histoire quand même. Il aurait fait de belles voitures et il aurait épousé son temps dans le marketing et la publicité. Il aurait très certainement été le roi d’Internet ! André Citroën, ce n’est pas seulement une histoire de voitures. C’est une histoire beaucoup plus vaste que cela. C’est une histoire qui concerne notre pays, l’économie, l’industrie et notre société.

François Roudier : Est-ce que tu penses qu’André Citroën aurait lancé la DS ?
Oui, je le pense. Du moins il aurait inventé quelque chose d’équivalent car il était entouré de très bons ingénieurs et l’élan était là.

François Roudier : Henri -Jacques, quelle va être ta participation au Centenaire de Citroën et en particulier à la Croisière vers l’Ouest du CCFA le 19 juillet ?

Depuis plusieurs semaines, je suis très occupé, je ne pensais pas que cela allait être aussi prenant. Mais le Centenaire n’a lieu qu’une fois tous les cent ans ! Et quand je vois l’engouement autour de ce Centenaire, je me dis qu’il faut accompagner le mouvement pour faire savoir aux gens qu’il y a une belle histoire derrière. Je suis allé à Bruxelles et je vais aller en Allemagne également. Et puis, la Grand-Messe sera la Ferté Vidame, et avant cela, la remontée des Champs-Elysées en autochenilles, qui va être très impressionnante. Peu de gens connaissent les autochenilles Citroën, cela va leur sembler très étonnant.

François Roudier : Merci Henri Jacques pour ton implication dans la défense de la mémoire de ton grand- père.
Pour moi c’est un énorme plaisir. Je sens que je fais partie d’un mouvement. Jacques Séguéla a dit gentiment de moi que j’étais un « anchorman storytelling sans fin ». Ce sera le mot de la fin je crois !
Source : CCFA