vendredi 24 avril 2020

La SAGA de la FAMILLE CITROËN : une histoire européenne ...

André Citroën avec son épouse Georgina

André Citroën avec son épouse Georgina, leur fille Jacqueline et leur fils Bernard, à Deauville



Mon père Bernard Citroën, Commandeur de la Légion d'Honneur, lors d'une cérémonie d'Anciens Combattants

Jacques Bingen, Héros de la Résistance, Compagnon de la Libération, beau-frère d'André Citroën



LA SAGA DE LA FAMILLE CITROËN, une histoire européenne


La famille Citroën sort de l’ordinaire. Pas seulement parce qu’elle porte un nom très connu qu’André Citroën a rendu célèbre, à tout jamais, mais parce qu’elle a des particularités notables, très diverses, des racines variées, un fort attachement à la France.

Un nom célèbre grâce à l’œuvre d'André Citroën qui a fortement contribué au rayonnement et au développement de la France.
(voir : https://www.hjcitroen-centenaire2019.com/2019/12/0720-2019-centenaire-de-citroen.html ).

La famille Citroën est issue de l’immigration : elle a des attaches dans divers pays européens. C’est Levie Citroen (sans le tréma sur le "e"), le père d’André Citroën, qui émigre de Hollande pour s’installer en France au 19e siècle. La mère d’André Citroën était polonaise et sa sœur Jeanne devient polonaise en épousant le banquier polonais Bronislaus Goldfeder. André Citroën acquiert la nationalité française à l'âge de 18 ans. Georgina Bingen, son épouse, était italienne. Mon père Bernard était français. Ma mère Piroska, fille d'agriculteur, était hongroise, naturalisée suédoise pendant la guerre ; elle parlait couramment 7 langues. Je suis né en Espagne, tout comme mon frère Philippe. Mon frère Bernard est né en France. Il est marié avec Jeffrey Krogh, qui est danois, naturalisé britannique. Mon cousin germain, le marquis André de Saint-Sauveur (fils de Jacqueline Citroën) a épousé Ivana Andjelic-Walch, d’origine yougoslave
C’est ainsi une famille vraiment européenne.

C’est aussi une famille d’émigration. Mes parents ont vécu longuement en Espagne puis au Mexique. Pendant la 2e guerre mondiale, ma mère a vécu en Italie avant de se réfugier en Suède. J’ai vécu longtemps au Venezuela (où mes 3 enfants sont nés). Mon frère Philippe habite Bruxelles (où il dirige l'Union des Industries Ferroviaires Européennes). Mon frère Bernard vit entre la Grande-Bretagne et le Luxembourg. Ma fille Clémentine a longtemps vécu en Colombie (ses 2 enfants sont colombiens). Ma fille Anne-Rosalie vit en Grande-Bretagne. Mon fils Charles-Henri est resté à Paris.

Du côté de mon père, c’est une famille d’origine juive mais une partie s’est convertie au catholicisme. Pendant les années 60, mon père a été baptisé. Ma mère était catholique pratiquante. Mes frères et moi avons été élevés dans la religion catholique.

La famille Citroën comporte de nombreux combattants qui se sont battus pour la France et, dans certains cas, sont morts pour elle : mon grand-oncle Bernard Citroën, frère d’André Citroën, est mort en 1914 dans les tranchées de la 1ère guerre mondiale, en essayant de secourir un compagnon blessé (il a reçu la Croix de Guerre à titre posthume) - André Citroën a été combattant dans les tranchées avant de prendre l’initiative de proposer au gouvernement d’installer, en urgence absolue, une usine d’obus, en 1915, près du quai de Javel - Louis-Hughes Citroën, neveu d’André Citroën, est mort en déportation (1944) - Jacques Bingen, le beau-frère d’André Citroën, Compagnon de la Libération, Héros de la Résistance : sur ordre du Général de Gaulle, dont il était un des plus proches collaborateurs, il a assumé l’intérim de la Direction de la Résistance en zone Sud quand Jean Moulin est mort sous la torture ; trahi, Jacques Bingen a été arrêté par la Gestapo et, au courant de tant de secrets, a préféré se suicider (l’historien Jean Lacouture le considère comme l'un des 3 ou 4 personnages les plus exceptionnels qu'ait révélés la Résistance") - Son frère Max Bingen est mort pour la France en 1917 - Mon père Bernard Citroën a rejoint le général de Gaulle en Angleterre pour devenir pilote de bombardier dans le groupe Lorraine : il a réalisé de nombreuses missions de bombardement en Normandie et Bretagne en 1944. Avant cela, au début de la guerre, en tant que juif, il a été formellement destitué de l’armée française du régime de Vichy. Il a été président des FAFL (Forces Aériennes Françaises Libres) - Mon oncle Maxime Citroën a également combattu, en Afrique, pendant la 2e guerre mondiale.

Dans les études, c'est une famille de battants. André Citroën est un ancien élève de l’École Polytechnique (X98), tout comme mon grand-oncle Louis-Hughes Citroën (X23), mon père Bernard (X37) et mon oncle Maxime (X38). Jacques Bingen est diplômé de l’École des Mines de Paris et de Sciences po. Mon frère Philippe est diplômé de Sciences Po et de l'ENA. Mon frère Bernard est diplômé d'HEC. Mon cousin André Citroën est diplômé de l'INSEAD. Mes cousins et cousine ont tous des diplômes universitaires. Je suis diplômé d'HEC et de Droit. La génération de mes enfants et de mes neveux a fait ou fait de belles études supérieures.

La République a reconnu les mérites de certains membres de la famille Citroën en les faisant entrer dans l’ordre de la Légion d’Honneur : André Citroën (Grand-officier), son beau-frère Jacques Bingen (Chevalier), ses enfants Jacqueline Citroën (Chevalier), Bernard Citroën (Commandeur) et Maxime (Officier) et son petit-fils Philippe Citroën (Chevalier) ; le célèbre magistrat Raymond Lindon, fils de Fernande Citroën et neveu d'André Citroën, était Commandeur (c'est le grand-père de l'acteur Vincent Lindon).

Certaines villes rendent hommage à Jacques Bingen en donnant son nom à des rues : Paris (17e), Hénin-Beaumont, La Chapelle-Saint-Luc et Dunkerque, ainsi que Clermont-Ferrand qui lui consacre un boulevard. De nombreuses villes rendent également hommage à André Citroën : des rues portent son nom à Vélizy-Villacoublay, Levallois-Perret, Chatellerault, Cébazat, Pont-du-Château, Saint-Victor, Le Mans, La Chapelle-Saint-Aubin, Locminé ainsi qu'à Cologne (Allemagne) ; des avenues à Sautron, Le Chambon-Feugerolles, Sain-Herblain, La Valette-du-Var ; des boulevards à Aulnay-sous-Bois, Villepinte et Tremblay-en-France ; à Paris 15e, on trouve le Quai André-Citroën, le Parc André-Citroën et la station de métro "Javel-André Citroën". Il y a un collège André Citroën à Paris 15e, un lycée des Métiers de l'Automobile André-Citroën à Marly (Moselle) et une école technique en République Tchèque. Par ailleurs, André Citroën a reçu un hommage majeur de la part des Etats-Unis : être admis à l'Automotive Hall of Fame (à Dearborn, Michigan), le Salon des Célébrités Automobiles où un espace lui est dédié à tout jamais.

Depuis 1987, je suis Conseiller du Commerce Extérieur de la France (CCE), nommé par le gouvernement (mandat renouvelé tous les 3 ans), donc au service (bénévole) du développement international des entreprises françaises. Je suis "ambassadeur" de l'Amicale Citroën Internationale qui regroupe plus de 70.000 collectionneurs et passionnés de Citroën dans environ 1000 clubs sur les 5 continents (Citroën est la marque la plus collectionnée dans le monde !).

La famille a été victime des forces obscures (ou pas si obscures) du capitalisme : en 1934, en pleine crise économique mondiale, André Citroën, dont la société « Automobiles Citroën » connaissait de sérieuses difficultés de trésorerie, n’a reçu aucune aide de ses partenaires ni des banques ni de l’État. Il a perdu le contrôle de l’entreprise puis décède le 3 juillet 1935. Quelques mois plus tard, la société, désormais contrôlée par la famille Michelin, reprenait son essor, avec le succès de la Traction Avant qu'André Citroën avait conçue. Mon père a raconté l’histoire dans son livre « La Conjuration de Javel ».

Par respect pour de tels ancêtres, leurs efforts, leurs sacrifices, leurs réussites, leurs rôles bénéfiques pour notre pays, appartenir à une telle lignée donne des responsabilités et oblige à faire de son mieux pour tenter d’être utile et créatif, d’être à la hauteur …


Henri-Jacques Citroën / 2 juillet 2020



André Citroën

Mon père Bernard Citroën
Ma mère Piroska Citroën, née Szabo
Portrait "sanguine" d'André Citroën

Ma grand-mère Georgina et ses fils Bernard (droite) et Maxime en tenue de polytechnicien

Avec mes frères Philippe (à droite) et Bernard (milieu)




Henri-Jacques Citroën saluant le public après son discours d'inauguration du "Rassemblement du Siècle"

2 commentaires:

  1. Très beau texte, merci. Je pense que vous êtes largement à la hauteur .
    Cordialement

    RépondreSupprimer
  2. Emouvant et instructif votre témoignage qui perpétue la grandeur d'une oeuvre et le sens du devoir d'une famille qui peut être fière de porter ce nom illustre à tout jamais.
    Merci à vous. Et au plaisir de vous retrouver sur vinsetvintage.fr pour y partger les mêmes passions.Philippe Genet

    RépondreSupprimer